Solitude
18/05/2012 21:21 par PaulHenriJoseph
A ces heures sans poids
Sans qu’il se passe rien.
Le coeur trop à l’étroit,
Dans ces jours sans fin.
A ces nuits trop lentes,
travaillées des souvenirs lointains.
Tous ces instants qui mentent,
laissant croire à d’heureux lendemains.
A ces jours trop sombres,
traversés des rumeurs mouvantes,
De ces gens errants comme des ombres
Dont l’aspect provoque l’épouvante.
Jours gris et sans espoir,
Prostré dans une sempiternelle attitude,
Espérant qu’une faible lueur dans le noir
Vienne mettre fin à ma solitude.
P.H.D. 07 Févr. 2012
Bondissants
les uns sur les autres,
Telles des balles trop souples,
Les mots se croisent, se heurtent,
Se prononcent dans un souffle.
Ils trottent en frise volante
Au travers de nos pesants silences,
Et éclatent en musique apaisante,
Comme un remède à notre souffrance.
Tels les corps semblent se prélasser
Sous des entassements de soleil,
Laissons nos sens s’ouvrir et s’évader
Au sons de cette musique sans autre pareille.
Musique des vers,
Solfège des rimes,
Mots en arpèges,
Douceur des gammes.
Simple plaisir de la vie,
Qui se nomme poésie.
P.H.D. 08 Févr 2012
Telle l’eau ne se peut contenir,
Même barrage ne peut y parvenir,
Mes idées vagabondent
En folles farandoles et rondes.
Ineffable plaisir,
Ne pas les retenir.
De leurs ailes planent et volent,
Tels papillons et libellules en vol,
Au fil de l’eau, légères et gracieuses,
Sans que nulle autre plus laborieuse,
Ne vienne ternir la fluidité parfaite
De ma spirituelle comète.
Idées, pensées, papillons et bourdons,
Endiablé carrousel,
Tourbillonnante ascension,
Volent, se croisent et se mêlent,
Dans la plus parfaite harmonie
D’une champêtre symphonie.
P.H.D 10 Févr. 2012
Un morceau de pain
Lentement grignoté.
Un verre de vin
Joyeusement dégusté.
Et un ami avec qui partager.
Des sourires sur les lèvres
Tendrement dessinés.
Des coeurs grands ouverts
A l’amour et l’amitié.
A côté de soi quelqu’un à aimer.
Sentir contre sa poitrine
Un coeur battre et soupirer.
Bonheur qui aisément se devine,
Sans un instant douter,
Qu’il serait par d’autres envié.
Un je t’aime, une caresse,
Donnée ou prononcé tendrement,
Provoquent une douce allégresse
Et soulagent des tourments
De nos vies chargées de tristesse.
Plaisirs simples, faciles à partager.
Nous avons ce précieux pouvoir
De transformer le noir en espoir.
Il nous suffit juste de le vouloir,
Et nous ferions de ce monde, un refuge pour « l’humanité ».
P.H.D. 05 mai 2012
Amours bafoués,
Tendresses rejetées,
A raison ou a tort,
Commence alors,
La valse des coeurs perdus
Tels les anges déchus.
Regards ombrageux,
Mots coléreux,
Jetés à la face.
Tempétueux orages,
Aux vilaines traces
Et rides sur les visages.
Jours sombres et ternes,
Errance sans fin,
Triste et morne solitude
Où les coeurs s’enferment
Dans les espaces confins.
Profonde lassitude,
Qui n’engage plus à croire.
Déprimante, laxiste attitude
A s’apitoyer sur ses déboires.
Trop conciliante habitude,
D’ainsi fermer les yeux,
A attendre qu’une main secourable,
Tendue vers vous, généreuse,
Se rende de vous désirable,
Vous fasse prendre conscience
De vos inutiles souffrances,
Et en l’amour rende confiance.
P.H.D. 19 Fevr 2012
Paralysés par la peur,
Les mots se bloquent
Et ne sortent.
Comme figées de terreur,
Les lèvres ne s’ouvrent
Et se collent.
Douceur réprimée,
Mots d’amour jamais exprimés,
Au fond de soi retenus,
A gonfler le ruisseau en crue.
Bulles de savon voudraient s’envoler,
Au grand air librement exploser.
L’eau trop longtemps contenue
A l’assaut des berges se rue.
Pourquoi laisser derrière soi
Des montagnes d’inutiles regrets
Pour n’avoir exprimé une fois
Ces mots dans toute leur beauté.
P.H.D. 19 Févr 2012
Se dire sans tricher qu’un jour,
Les cheveux seront gris,
Et qu’il n’est aucun recours,
Contre le temps qui s’enfuit.
Pour en accepter le fait,
Il faut forte philosophie.
Tenir droit le regard, sans regret,
Pour les heures écoulées de la vie.
Accepter sur le dos le poids des ans
Sans pour autant fléchir les genoux,
Nul ne peut dire qu’enfant,
Ces choses déjà il les redoute.
Toi, et avec toi beaucoup d’autres,
Y êtes aujourd’hui confronté,
Et cela te pèse sur les épaules.
Accepter l’irrémédiable sans le changer,
Cela l’homme ne peut s’y habituer.
Ne rien faire et profiter quand même.
Ne laisser aucun jour finir sans je t’aime.
Savoir que « peut-être » demain,
L’histoire en écrira la fin.
P.H.D. 25 Févr. 2012
Dans le grand cahier de ma vie,
Les premières pages sont remplies.
Ecriture griffonnée, toute en pâleur,
Qui ne dégage aucune chaleur.
Chapitre deux ! Question mariage !
Photos jaunies et écornées.
Encre pâlie, lignes barrées.
Pages qui manquent de coloriage.
Pages se suivent et se ressemblent,
Aucune pour dépareiller l'ensemble.
Excepté celles marquées "Amis"
Les seules pages où je souris.
Dans le grand cahier de ma vie,
Les dernières pages sont restées blanches
J'y voudrais marquer mes envies
Les emplir de très belles images.
Je ne demande pas l'impossible,
Juste y inscrire le mot "Bonheur"
Avec ta photo, bien visible,
Encadrée de plein de petits coeurs.
P.H.D. 18 mai 2012
Bien enfoui tout au fond d’une malle,
Mélangé à tant d’autres souvenirs,
Que je range ou déballe,
Ce paquet blanc ficelé, occupé à dormir.
Sur ces rectangles blancs soigneusement attachés,
Une adresse encore à la plume libellée,
Laisse deviner, malgré l’encre pâlie, un « Mademoiselle ».
Mes doigts empruntés dénouent la ficelle.
Sans vraiment choisir je saisis la première,
L’ouvre fébrilement et entreprends de la lire.
Mes souvenirs reviennent en masse. Mon hier !
« Chère A……, j’ai tant de choses à te dire… »
Mes émotions se mêlent et s’embrouillent,
Mes dix-neuf ans ressurgissent brutalement.
Je revois ton visage et ressens le trouble.
Mes yeux se mouillent, perle une larme inexorablement.
Des souvenirs en pagaille se bousculent ;
Notre amour, nos projets ! Tout un avenir !
Et puis ! Cette envie de départ décidée sans scrupules.
Suivre ton père en Afrique, sans intention de revenir.
Toutes ces lettres écrites et jamais envoyées,
S’étalent devant moi. Ma mémoire cachée.
Le coup de poignard d’il y a quarante ans n’est pas effacé,
Et la blessure mit longtemps à se refermer.
A toi « Mademoiselle A. P.
MOMBASA KENYA
Chère amour de jeunesse.
P.H.D. 17 mai 2012